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Haïti: Vivre en dépit de tout Deux mois après le séisme, où en est-on ? Question banale, presque bête, à laquelle on peut répondre rien qu'en faisant un petit tour au Champ de Mars, l'un des principaux camps d'hébergement au centre-ville de Port-au-Prince. De loin, c'est l'odeur qui frappe. L'odeur et le tableau des bâches usagées, des tôles ou des morceaux de carton que soutiennent des piquets de bois. Ils s'entassent, s'étendent à perte de vue, formant une agglomération de petits pare-soleil délabrés, note dissonante dans la mélodie du Champ de Mars que l'on connaissait il y a de cela pas plus de 2 mois. Dans les ruelles de ce camp, jour et nuit, la vie se vit. Petite visite en deux temps. Nous sommes deux en visite au Champ-de-Mars devenu camp des sinistrés, une journaliste et un photographe. On est vendredi 5 mars, le temps est gris et on ne sait pas par où commencer notre investigation, jusqu'à ce qu'on aperçoive d'un côté de la ru...
Haïti : l'attente des tentes Le président René Préval s'en plaint, il n'y en a pas assez sur le marché mondial. Bill Clinton en promet, mais ne peut dire quand elles arriveront. Nicolas Sarkozy double la mise : il en propose et aussi des bâches. La population en rêve depuis le tremblement de terre du 12 janvier. En Haïti, l'attente des tentes ronge les nerfs de tous. Les tentes, symbole absolu de la précarité institutionnalisée, tardent à se généraliser dans tous les camps qui ont essaimé partout dans la région métropolitaine et dans les villes touchées par le séisme. Pour le moment, de rares privilégiés en disposent alors que la grande majorité de la population sinistrée s'abrite sous des refuges de fortune faits de bric et de broc, en toile, en plastique ou en tôle. Sur des terrains vagues, des places publiques ou dans la cour de leur maison effondrée. Avec les premières pluies, les craintes des responsables augmentent. Ils vivent dans la hantise de manife...