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Affichage des articles associés au libellé intellectuels

La vraie question !

La vraie question ! Par Gary Victor Je ne sais pas si on atteint le fond de l'abîme, mais le tremblement de terre du 12 janvier 2010, nous a renvoyé en pleine figure la fragilité et le délabrement à la fois physique et mental de notre pays. Certains maintenant ont beau protester contre une mise en tutelle en douce de notre pays, suite au vote de la loi sur l'état d'urgence dans des conditions prouvant encore une fois comment il est facile quelque part de faire soulever la patte à nos dits parlementaires, il est un fait incontestable que le passif accumulé par les gouvernements et l'opposition depuis des décennies ne peut justifier une demande de souveraineté complète dans la gestion des milliards de dollars prévues pour la « reconstruction » . Ces milliards proviendront des taxes payées par des citoyens. Les gouvernements qui gèrent ces milliards devront en rendre compte devant leur peuple. Ces gouvernements et les institutions qui gravitent autour d'eux n'ont ...
Cerveaux extérieurs... Nullités intérieures ???   Par Gary Victor Depuis quelque temps, il est coutume d'affirmer de manière lapidaire que tous les cerveaux haïtiens sont à l'extérieur ce qui expliquerait notre catastrophe nationale. Les cerveaux à l'extérieur seraient-ils les cerveaux ayant été surtout formés, traités, dans les universités étrangères ? Tout Haïtien immigrant à l'étranger aurait-il immédiatement la qualification de cerveaux à l'extérieur et les haïtiens restant au pays la qualification de nullités a l'intérieure ? Ce que je conteste, ce sont les approches lapidaires qui n'ont aucune signification dans la réalité qui est la nôtre. En parlant de cerveaux venus de l'extérieur, il faut rappeler, ce qui n'aurait pas été nécessaire si notre folie n'était pas aussi incrustée, que les cerveaux extérieurs ont souvent occupé des postes de la plus haute responsabilité chez nous et tout dernièrement encore nous avons eu la mé...
Haïti: côtt! côtt! côôôôtttttttt !!!!! Je viens encore une fois de fouiller dans mes textes de l'avant-séisme, et non... je ne suis plus de cette humeur. Ces textes datant de ce temps si proche, ou croyant avoir atteint notre quota de problèmes nous vivions une sorte de vie, resteront dans mon tiroir. Ils ne sont vraiment pas dans le ton... Et je voudrais tant être dans le ton aujourd'hui... Reste à savoir quel est le ton : L'agressivité ? Le silence ? L'éloquence ? L'humour noir ? Le ton est-il à la critique ? A l'incitation à la responsabilité ? Est-il à chercher la première pierre à poser ? Est-il à la vie qui reprend ? A l'indifférence qui s'installe ? A la dépression qui nous guette ? Est-il à la fameuse opportunité que représente la reconstruction ? A la revendication, à la révolution? Est-il à une autre initiative individuelle ? Ou à l'incitation à l'association, au regroupement, au « tèt ansanm » ? La page blanche s...
Tremblements de terre en Haiti : une réflexion anthropologique Introduction Edmund R. Leach disait, dans la préface de son livre intitulé « The Unity of Man », L'unité de l'homme (1980 :15), qu'il partage avec l'anthropologue Raymond Firth « la conviction que la description ethnographique n'acquiert de valeur scientifique que lorsqu'elle entre dans des détails presque obsessionnels. » Je souscris à cette conviction. Est-ce pourquoi, je suis toujours à l'affut des faits, car l'anthropologie est empirique. Ce que l'anthropologue cherche à analyser est fait « d'interactions directement observables entre les hommes et entre les hommes et les choses. » Quand j'entends une nouvelle, je me porte sans tarder sur les lieux pour voir de mes yeux l'événement rapporté, questionner les gens et ramasser le plus de détails possible. C'est ainsi qu'à l'issu du tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 Janvier 2010, je me suis lancé d...
Réflexions du Dr Fresnel Larosilière Si vous n'êtes pas un homme de parti mais une partie de tous les hommes. Si vous pensez que la politique ne changera pas l'haïtien mais c'est l'haïtien qui doit changer de politique. Si vous faites de la misère de l'autre votre pauvreté et son mieux être votre vraie richesse. Si vous faites de l'amour votre sève, la liberté votre choix et l'éternité votre but, alors la déclaration qui suit est aussi la votre. Je vous invite à la partager avec moi. Déclaration Profondément affligés par ce désastre, sans précédent, qui a endeuillé toutes les familles haïtiennes, nous nous sentons dans l'obligation de faire une halte, dans la réflexion et le recueillement, pour honorer la mémoire de nos centaines de milliers de frères et soeurs, qui ont été fauchés par la mort impitoyable et pour être à coté des centaines de milliers de nos concitoyens, sans abris, qui vivent au quotidien dans la peine, dans la douleur...
Haiti ou la santé du malheur Par Yannick Lahaens, écrivaine haitienne A 4 heures 53 minutes, le mardi 12 janvier 2010, Haïti a basculé dans l'horreur. Le séisme a duré une minute trente secondes. Debout dans l'embrasure d'une porte, pendant que les murs semblent vouloir céder tout autour, le sol se dérober sous vos pieds, une minute trente secondes c'est long, très long. Dans les secondes qui ont suivi, la clameur grosse de milliers de hurlements d'effroi, de cris de douleur, est montée comme d'un seul ventre des bidonvilles alentour, des immeubles plus cossus autour de la place et est venue me saisir à la gorge jusqu'à m'asphyxier. Et puis j'ai ouvert le portail de la maison. Sur le commencement de l'horreur. Là, déjà, au bout de ma rue. Des corps jonchés au sol, des visages empoussiérés, des murs démolis. Avec cette certitude que plus loin, plus bas dans la ville, ce serait terrifiant. Nous avons tout de suite porté secours aux victimes mais ...
Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge Par Anthony Phelps* Nous n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher la lune au Quai Christophe Colomb. Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de terre avait détruit ma ville natale, plusieurs passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas, en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays. J’ignore encore si la maison familiale est restée debout, mais mes sœurs, neveux et nièce ont été épargnés. Certains amis manquent à l’appel. Plusieurs sont saufs. Mon appartement, dans mon ancienne station de radio Radio Cacique, a tenu le coup et abrite toujours mon lieu de mémoire. Nos n’irons pas poser nos nasses dans le lit de la voie lactée pour piéger des étoiles doubles. Nous n’irons pas, le temps n’est plus au jeu nous avons dépassé le chant des mari...

Hommage à Pierre Vernet, pionnier de la franco-créolophonie haitienne

HOMMAGE AU PROFESSEUR PIERRE VERNET, PIONNIER DE LA FRANCO-CRÉOLOPHONIE HAÏTIENNE Par Robert Berrouët-Oriol À l'aune des mauvaises nouvelles qui mugissent d'Haïti depuis le tremblement de terre du 12 janvier, j'ai eu, avec stupeur, la confirmation du décès de mon ami Pierre Vernet, linguiste, doyen de la Faculté de linguistique appliquée où j'ai enseigné durant sept ans. L'information soutenait qu'il aurait péri en même temps que 300 étudiants et plusieurs enseignants présents dans l'institution... L'espace d'un cillement disparaissait un intellectuel de grand cru, qui avait, avec le concours de l'AUPELF (Association des universités partiellement ou entièrement de langue française) et l'aide obstinée de Jean-Claude Castelain, d'abord fondé dans les années 1970 le Centre de linguistique appliquée de Port-au-Prince. Cette institution, inédite dans le paysage éducatif haïtien, deviendra quelques années plus tard la Faculté de linguistique ...

Entretien avec Raoul Peck

Plus de deux semaines après le séisme, Haïti est "à la merci de n'importe quel populiste sur le retour" si la colère de la rue "n'est pas rapidement canalisée", dit à l'AFP le cinéaste haïtien Raoul Peck, invité du festival Un état du monde... et du cinéma ouvert vendredi à Paris. QUESTION : - Vous revenez d'Haïti où vous teniez à vous rendre utile, qu'avez-vous constaté ? REPONSE : On ne peut vraiment imaginer ce que veut dire cette catastrophe, ni pour aucun pays ni pour celui-ci en particulier. C'est en marchant à pied parmi les décombres, les odeurs, les restes de ce qu'on a connu intimement et qui ne sera plus jamais comme avant, qu'on commence à comprendre un peu. Je me demande quelle catastrophe supplémentaire nous aurions eue si la population haitienne n'avait pas dès le premier jour pris les choses en main. Chacun a réagi au plus vite, travaillé à tirer les survivants puis les morts des décombres, à mettre en place un...