Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé témoignage
Haiti ou la santé du malheur Par Yannick Lahaens, écrivaine haitienne A 4 heures 53 minutes, le mardi 12 janvier 2010, Haïti a basculé dans l'horreur. Le séisme a duré une minute trente secondes. Debout dans l'embrasure d'une porte, pendant que les murs semblent vouloir céder tout autour, le sol se dérober sous vos pieds, une minute trente secondes c'est long, très long. Dans les secondes qui ont suivi, la clameur grosse de milliers de hurlements d'effroi, de cris de douleur, est montée comme d'un seul ventre des bidonvilles alentour, des immeubles plus cossus autour de la place et est venue me saisir à la gorge jusqu'à m'asphyxier. Et puis j'ai ouvert le portail de la maison. Sur le commencement de l'horreur. Là, déjà, au bout de ma rue. Des corps jonchés au sol, des visages empoussiérés, des murs démolis. Avec cette certitude que plus loin, plus bas dans la ville, ce serait terrifiant. Nous avons tout de suite porté secours aux victimes mais ...
Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge Par Anthony Phelps* Nous n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher la lune au Quai Christophe Colomb. Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de terre avait détruit ma ville natale, plusieurs passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas, en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays. J’ignore encore si la maison familiale est restée debout, mais mes sœurs, neveux et nièce ont été épargnés. Certains amis manquent à l’appel. Plusieurs sont saufs. Mon appartement, dans mon ancienne station de radio Radio Cacique, a tenu le coup et abrite toujours mon lieu de mémoire. Nos n’irons pas poser nos nasses dans le lit de la voie lactée pour piéger des étoiles doubles. Nous n’irons pas, le temps n’est plus au jeu nous avons dépassé le chant des mari...
Plus fort que le séisme, j'ai crié Non à la mort! Par Claude Bernard Sérant Ma vie ne sera plus jamais comme avant le plus violent tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a failli m'emporter, comme des milliers de compatriotes, dans la tombe. Moi, Claude Bernard Sérant, rédacteur au plus vieux quotidien d'Haïti, Le Nouvelliste, centenaire qui reste encore debout, je suis marqué à jamais. Autant que mes pas foulent la terre de Port-au-Prince, je me souviendrai toujours d'une ville saturée de cadavres, de leur odeur pestilentielle... mon Port-au-Prince à moi, sous mes semelles de vent, sera toujours fragile aux moindres battements d'ailes. Avant que Port-au-Prince bascule en un rien de temps dans le chaos ; avant que le tremblement de terre du 12 janvier (magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter) m'enlise sous les décombres de l'ancienne bâtisse de Konesans Fanmi (KF), une organisation oeuvrant dans le domaine de l'humanitaire, je me souviens d'...

Entretien avec Dany Laférrière

Il refuse de parler de destin, mais n'empêche. Le hasard a voulu que l'écrivain Dany Laferrière, qui s'est exilé d'Haïti il y a plus de 30 ans, se trouve dans son pays d'origine au moment du terrible tremblement de terre, le 12 janvier. Il y était pour participer au festival littéraire Étonnants Voyageurs. Un événement qui n'aura jamais eu lieu. Le hasard, aussi, a voulu qu'il soit attablé au restaurant de son hôtel lorsque la terre s'est mise à trembler. Cette terre haïtienne qui a nourri sa vie et son oeuvre, de son premier roman Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer en 1985 jusqu'au magnifique L'énigme du retour, qui a valu à Laferrière le prestigieux prix Médicis l'automne dernier. Le Soleil s'est entretenu avec celui qui, une semaine après son retour au Québec, parle avec une énergie inébranlable du peuple haïtien qui arrivera à se relever. De ce pays qui, dit-il, n'est plus un lieu, mais est devenu une préoc...

Simple Billet du Poete Sito Cave: Ma place parmi les vivants.

SYTO CAVE  écrit depuis Haiti où il se trouvait durant le tremblement de terre   Ma place parmi les vivants. C'était ça, Thurgeau? Une plaisanterie! L'ancienne maison a vacillé, puis est tombée de toutes ses colonnes et de son grand balcon, comme quelqu'un ayant l'air de demander pardon au temps. C'est ce qui s'appelle un séisme, un vrai! Il a parcouru la ville et une bonne part du pays. Il a mangé plein de gens. Mangé! Littéralement! C'est-à-dire: Moulu! Avalé! Ceux qu'il a laissés dehors, les autres morts, sont alignés sur les trottoirs, certains à découvert, dautres enveloppés dans des draps ou du plastic blanc. Les églises aussi sont agenouillées: La Cathédrale, Saint-Anne, Saint-Louis-Roi-De-France, Saint Joseph. Quelques fidèles prient haut et fort. Une prière en colère, d'autres le font à voix basse, dans leur coeur. Le Christ, qu'on croyait en équilibre précaire, est resté perché sur son socle au fond de l'église du Sacré-coeur...

Le Bris : "Dire, au milieu des ruines, les hommes debout"

Le Bris : "Dire, au milieu des ruines, les hommes debout" Par Michel Le Bris Michel Le Bris, écrivain et directeur du festival littéraire de Saint-Malo, "Étonnants Voyageurs", était à Haïti la semaine dernière à l'occasion de la deuxième édition du festival éponyme sur l'île. De retour en France, il raconte au point.fr les effets dévastateurs du séisme sur l'île, et dit l'amour de tout un peuple pour les livres " qui disent qu'il est en l'homme quelque chose de plus fort que le malheur ". Pour lire le récit cliquer ici: .