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Affichage des articles associés au libellé Etat
LA PRIVATISATION DE L’ÉTAT Par Jean-Claude Bajeux, Jean-Claude Bajeux Directeur exécutif du CEDH, Centre Œcuménique des Droits Humains Finalement, nous commençons à voir, en attendant de les subir, les résultats des grandes manœuvres et des obscures tractations auxquelles le Président René Préval s’est dédié avec persistance et entêtement depuis son retour au pouvoir en 2006, pour un deuxième mandat présidentiel, il y a quatre ans et demi. Sa carrière politique qui se situait jusque là dans le sillage de celle de Jean-Bertrand Aristide, devenait quasi autonome après le départ pour l’exil de son alter ego. Non sans habileté, le deuxième mandat se situait sous l’égide d’une permanente conciliation, sous le charme d’une politique de séduction tous azimuts. Le président s’indignait des accusations d’autocrate ou de dictateur qu’on lui faisait : Moi, dictateur ! Quelle idée ! et dans cette protestation, il jetait toute sa réputation de bohême cool et tranquille, étranger aux frasqu...
Le cataclysme des Duvalier et celui du 12 janvier 2010 Par Leslie Péan Les difficultés actuelles de la société haïtienne pour faire une transition vers un régime démocratique sont liées au refus des puissances tutrices de procéder à une vraie dé-duvaliérisation et une réelle dé-macoutisation après 1986. Il y a eu un refus systématique de savoir ce qui s'est passé de 1957 à 1986. La communauté internationale a imposé son refus de faire le procès du duvaliérisme sous le fallacieux prétexte que ce serait une « chasse aux sorcières ». C'était sa condition expresse pour forcer Jean-Claude Duvalier à abandonner le pouvoir. Le changement recherché n'a pas eu lieu et on est resté à la surface. La société haïtienne ne s'est pas donné la peine d'identifier les comportements qu'elle condamne et encore moins d'expliquer à la jeunesse les causes de nos malheurs. Les Haïtiens n'ont pas essayé de penser ce qui a rendu le duvaliérisme possible afin d'éviter son r...
Avant le 12 janvier, la République était-elle malade ? Aujourd'hui, un sursaut républicain est-il nécessaire pour refonder ou reconstruire une République en agonie ? Par Dr Frantz Toyo Dans un contexte particulièrement tourmenté, les responsables de ce pays doivent jeter les bases, faites d'intuitions et de compromis, sur lesquelles vont progressivement contruire une société plus juste et mieux équilibrée : la République va devoir développer, par étapes, des outils de justice sociale qui accompagneront les progrès de l'économie et répartissent mieux les fruits du développement. Si la République est souffrante aujourd'hui, c'est parce qu'elle est centralisatrice, parce qu'elle n'a pas su déconcentrer ses administrations publiques dans les autres coins du pays. Ainsi donc,la maladie peut être définie comme une altération de la santé, des fonctions des êtres vivants, en partie quand la cause est connue. L'Etat d'Haiti est une personne morale, son p...

Véritable obstacle à l'établissement d'un Etat de droit constitutionnel en Haïti

Véritable obstacle à l'établissement d'un Etat de droit constitutionnel en Haïti La mission substantielle du mandat de la MINUSTAH réside en la construction d'un Etat de droit, conforme au standard international de démocratie pour un Etat en faillite. En adéquation avec l'idée selon laquelle « L'Etat de droit se présente dans les sociétés contemporaines comme une véritable contrainte axiologique dont dépend la légitimité politique[1] », il constitue l'aune à laquelle est mesuré l'échec ou la réussite de la mission onusienne. La résolution 1892 du Conseil de sécurité, dernière en date de la série, n'a cessé de s'en référer ; soit en « réaffirmant que les progrès durables de la sécurité, de l'état de droit et de la réforme institutionnelle se renforcent mutuellement ; soit pour se féliciter de ce que la MINUSTAH continue de concourir aux mesures prises par le Gouvernement haïtien pour renforcer les capacités institutionnelles à tous les niveaux; ou...